VOLTAIRE ET LA JUSTICE

15 oct 2010 - 18:30

Café le Liber’thés / 21, avenue du président Wilson / Blois

Dans le cadre du festival des Rendez-vous de l’histoire de Blois

AVEC : MICHEL PORRET, directeur du Département d’histoire générale à l’université de Genève et BENOÎT GARNOT, professeur à l’université de Bourgogne-UMR 5605
Voltaire reste considéré comme un des premiers défenseurs des droits de l’homme et comme un philosophe de la perfectibilité de la justice dans le meilleur des mondes possibles, comme dans la monarchie de droit divin. Sa réputation d’homme des Lumières provient notamment des « causes célèbres » combattues au soir de sa vie (dont l’affaire Calas). Il y déploie son génie de la communication et de la polémique, qui déforme les institutions pénales. Les avis sur son action et sur ses idées sont l’objet aujourd’hui d’un relativisme, bien dans l’air du temps en ce qui concerne les Lumières. Pourtant, Voltaire n’est ni un historien de la justice, ni un statisticien positiviste de l’activité judiciaire, encore moins un juriste attaché à l’appareil de justice. En dénonçant le scandale moral d’affaires judiciaires qui émeuvent l’Europe, il pointe les accointances infâmes entre les sphères du pénal et celles de la religion. Inquiet par le mal qui ronge le monde social, Voltaire devient le justicier des Lumières. Indifférent à la « réalité » pénale ou judiciaire de son époque, il souhaite l’établissement d’une justice digne d’une cité juste.

Bibliographie indicative :
Benoît Garnot, C’est la faute à Voltaire… Une imposture intellectuelle ?, Paris, Belin, 2009.
Michel Porret, « Voltaire : justicier des Lumières », Cahiers Voltaire, n° 8 (2009), p. 6-28.