Grandeur et décadence des « belles américaines »

28 sept 2010 - 18:30

Café le Saint-Hubert / 25, rue de la poste / Châteauroux

Regards historiques sur l’automobilisme aux Etats-Unis.

Par Mathieu FLONNEAU, maître de conférences à l’université de Paris I Panthéon Sorbonne

Autour de son livre : Les cultures du volant. Essai sur les mondes de l’automobilisme, Paris, Autrement, 2008

« L’intelligence de la société américaine réside tout entière dans une anthropologie des mœurs automobiles – bien plus instructives que les idées politiques ». Le philosophe Jean Baudrillard  (Amérique, Paris, Grasset, 1986, Descartes et Cie, 2000) avait posé une audacieuse alternative pour comprendre l’Asphalt Nation. La grandeur et la décadence des « belles américaines » sont peut-être à l’image du pays où elles ont été produites. L’auto y a effectivement connu une forme de « naturalisation », dont les ressorts fondamentaux touchent aux libertés premières, primales, pionnières, et fondamentales que la société nord américaine a immédiatement projetées en elle et ce plus d’un siècle durant.
Riche de débuts prometteurs et dominateurs, les années passant et la montée en puissance s’accentuant, l’auto américaine de la grande époque, forcément « belle » comme dans le film de Robert Dhéry de 1961, gagna des lettres de noblesse bien identifiables. Son ADN propre fait de démesure, d’automatismes parfois kitsch et d’éléments de conforts amollissants, et imprégné par osmose des majestueux paysages urbains, ruraux ou désertiques traversés, laisse une saveur inimitable « de densité et d’évidence » à qui, comme François Nourissier1, a eu la chance d’y goûter un jour. Mais ne sont-ce pas là justement des valeurs anachroniques ? Certains l’affirment, d’autres se permettent encore d’en douter.

Bibliographie indicative :
Cette communication s’appuie sur plusieurs chapitres de mon ouvrage : Les cultures du volant. Essai sur les mondes de l’automobilisme, Paris, Autrement, 2008 ; je signale également ce texte : « Lire Tocqueville ou conduire ? L’américanisation et l’universalisation de l’automobilisme, perspectives historiques » , in Rue Saint-Guillaume, revue de l’Institut d’Etudes Politiques, septembre 2009.

Michael L. BERGER, The Automobile in American History and Culture. A Reference Guide, Westport, Greenwood Press, 2001.
Michael L. BERGER, The Devil Wagon in God’s Country. The Automobile and Social Change in Rural America, 1893-1929, Hamden, Archon Books, 1979.
James J. FLINK, America Adopts the Automobile, 1885-1910, Cambridge, Mass., MIT Press, 1970.
James J. FLINK, The Car Culture, Cambridge, Mass., MIT Press, 1976.
James FLINK, The Automobile Age, Cambridge, Mass., MIT Press, 1988.
Clay McSHANE, Down the Asphalt Path. The Automobile and the American City, New York, Columbia University Press, 1994.
Clay McSHANE, The Automobile. A Chronology of its Antecedents, Development, and Impact, Westport, Greenwood Press, 1997.
John B. RAE, The American Automobile: a Brief History, Chicago, Chicago University Press, 1965.
Cotten SEILER, Republic of Drivers. A Cultural History of Automobility in America, Chicago, Chicago UP, 2008.
Olivier ZUNZ, Le siècle américain. Essai sur l’essor d’une grande puissance, Paris, Fayard, 2000.