Football et politique dans l’Italie républicaine

17 mai 2010 - 18:30

Café l’Euro-Café / 41, rue Moyenne / Bourges

Par Fabien Archambault, maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université de Limoges
Il est parfois difficile, en Italie, d’échapper au calcio tant aucun domaine de la vie sociale n’échappe à son emprise. Ainsi, lorsqu’on rencontre un Italien, il n’est pas rare qu’une de ses premières questions porte sur l’identité de l’équipe de football dont on se réclame. Le tifo est une culture partagée dans toute la péninsule et il semble naturel à chacun, homme ou femme, de choisir un club qu’il encouragera toute sa vie et de revendiquer l’appartenance à un groupe de tifosi. D’où la question, aussi générale que fondamentale : comment et pourquoi le football est-il devenu si important dans la société italienne ?

En 1943, à la chute du fascisme, le football n’est pas encore le sport le plus populaire et c’est le cyclisme qui déchaîne la passion des Italiens. C’est seulement dans l’après-guerre que le tifo s’épanouit dans la société et la culture italiennes, ce dont témoignent plusieurs passages de la série des Don Camillo. En 1947 par exemple, Guareschi met en scène l’affrontement entre le curé et le maire communiste d’un village imaginaire de la région de Parme, à l’occasion d’un match entre leurs équipes de football respectives. Il pointe ainsi le doigt sur l’une des spécificités italiennes : la pratique de masse du football y est puissamment encadrée par les partis politiques.

En effet, le phénomène du tifo ne trouve pas ses origines dans une quelconque spontanéité des masses. Pour comprendre comment cette singulière culture du football s’est construite dans l’après-guerre, il est nécessaire d’examiner les racines de l’encadrement du calcio par les mouvements politiques.

A PARAITRE EN 2010 :
Le contrôle du ballon. Les catholiques, les communistes et le football en Italie, de 1943 au tournant des années 1980, Rome, Bibliothèque des écoles françaises d’Athènes et de Rome, à paraître en 2010.