Histoire de la nuit (XVIIè-XVIIIè siècles)

10 juin 2010 - 18:30

Café le Liber’thés / 21, avenue du président Wilson / Blois

PARTENARIAT AVEC LES BIBLIOTHEQUES DE BLOIS AUTOUR DE LA COULEUR… Pour en savoir plus : http://biblio.ville-blois.fr/article.php3?id_article=934

Par Alain CABANTOUS, professeur à l’université Paris I-Panthéon-Sorbonne et historien reconnu du rapport entre les sociétés et les cultures occidentales des XVIIème et XVIIIème siècles. Auteur d’importants travaux sur les communautés maritimes : Les Côtes barbares (1993), Le Ciel dans la mer (1990), il a élargi sa réflexion à des domaines touchant l’ensemble des populations, avec, par exemple, L’Histoire du blasphème en Occident (1998), Entre fêtes et clochers. Profane et sacré dans l’Europe moderne (2002). Il a enfin co-dirigé avec André Lespagnol et Françoise Péron, Les Français, la terre et la mer (2005).

Autour de son ouvrage : Histoire de la nuit, aux éditions Fayard, 2009.


Dans l’Europe des Temps modernes, la nuit, c’est une absence de lumière qui a (très) partiellement partie liée avec l’horloge biologique. En effet, c’est surtout en s’ajustant à nos rythmes internes que le jour s’apparente à la veille et la nuit au sommeil. Et c’est pourtant elle qui resta longtemps la mesure du temps quotidien, de la Scandinavie à la péninsule italienne. Simultanément, cette noirceur des paysages se peuple de présences innombrables, s’investit de lieux mythiques, se remplit de croyances et d’imaginaires, induit une autre manière d’être au monde, une autre façon d’appréhender le sensible, proche ou lointain. Absence-présence, tel quel, ce couple constitue l’une des contradictions qui surgissent lorsque l’on tente d’appréhender la nuit.
Espace et temps, la nuit l’est tout ensemble. Certains l’assimilent à une frontière, voire à une « dernière frontière » à conquérir. Notion éminemment spatiale qui renvoie à la fois à cette volonté humaine de remplir la totalité d’un environnement et à des perceptions inconnues de l’espace qu’impose l’effacement de la lumière. La nuit induit encore un système de représentations et de pratiques qui peuvent aussi bien s’affronter que se soutenir. Ainsi les visions négatives de la dangereuse et angoissante « nocturnité » conduisent-elles à la prise de mesures successives pour assurer l’ordre urbain. En tout cas, la relation complexe et la confrontation de ces deux éléments font de la nuit un objet en construction permanente, loin d’une image où les rôles seraient définitivement édictés entre l’action diurne et le repos nocturne. Ainsi, la nuit n’est sûrement pas l’envers du jour. Elle est un autre temps qui possède des particularités essentielles non transposables.

Pour aller plus loin : Les bibliothèques de Blois vous propose une bibliographie autour de ce Café historique accessible ici.