Autopsie d’un meurtre de masse : La Grande Terreur stalinienne

6 mai 2010 - 18:30

Café le Liber’thés / 21, avenue du président Wilson / Blois

M. Carl, enseignant au lycée Dessaigne de Blois, a filmé quelques instants de ce Café historique. Merci à lui. Pour visionner cet extrait, cliquez ici.

Par Nicolas WERTH, directeur de recherche au CNRS (Institut d’histoire du temps présent)
Spécialiste de l’histoire soviétique, directeur de recherche au CNRS (Institut d’histoire du temps présent), Nicolas Werth a pu écrire ce récit suffocant d’une plongée dans l’horreur en accédant aux archives secrètes du Politburo et du NKVD.
A partir de ces documents, l’auteur du Livre noir du communisme et de L’île aux cannibales procède à une analyse minutieuse, à l’autopsie d’un meurtre de masse resté largement inconnu.

Autour de son ouvrage : L’ivrogne et la marchande de fleurs, Autopsie d’un meurtre de masse, 1937-1938, éditions Tallandier, mars 2009.


L’ordre du jour 00447 aurait dû rester confidentiel.
Dicté par Staline, il appelle, le 30 juillet 1937, à l’élimination secrète des  » éléments contre-révolutionnaires  » et fixe, région par région, des quotas d’arrestations, de condamnations.  » 1re catégorie : à fusiller ; 2e catégorie : dix ans de travaux forcés au goulag.  » Instantanément, dans un vertige d’émulation, l’administration policière réclame des dépassements de quotas. Chacun veut gagner la course au rendement ; à Moscou, surtout, où se distinguent l’efficacité et le zèle d’un certain Khrouchtchev.
Très vite, forcément, les suspects manquent. La chasse aux innocents commence. La machine s’emballe, fabrique de nouvelles listes, statue sur le sort des  » enfants de moins de 3 ans socialement dangereux  » et tue à la chaîne. 1500 morts par jour, 750000 morts en seize mois. La Grande Terreur. N’importe qui, n’importe quand. Tel ivrogne, dont le seul crime est d’avoir éclaboussé de vodka le portrait d’un hiérarque, telle marchande de fleurs décrétée terroriste.

L’ivrogne et la marchande de fleurs, deux victimes anonymes. Le premier introduit ce livre, la deuxième le conclut. Pour que cette page secrète de l’histoire reste à jamais ouverte.