Alésia

19 sept 2012 - 18:30

Bar L’Atelier / 203 rue de Bourgogne / Orléans

Par Yann LE BOHEC, professeur émérite des universités

Depuis l’inauguration fin mars du MuséoParc Alésia à Alise- Sainte-Reine en Côte d’Or, les journaux, radios, télévisions, n’ont de cesse d’entretenir cette inoxydable controverse : et si Alésia, la fameuse place forte dans laquelle Vercingétorix
capitula devant Jules César en 52 avant notre ère, n’était pas à Alise-Sainte-Reine mais à Chaux-des-Crotenay (Jura), comme le soutiennent de dynamiques associations et quelques médiatiques personnalités telles Max Gallo et Franck Ferrand ? L’auteur, professeur émérite à la Sorbonne, oppose sa sérénité et ses recherches scientifiques à la passion et à la mauvaise foi, et rétablit enfin les faits avec ce livre appelé à devenir incontournable pour en finir avec les polémiques et poser enfin les vraies questions : pourquoi Vercingétorix a-t-il été vaincu ?
Qui porta la responsabilité du conflit, les Romains ou les Gaulois ? Quel était le rapport de forces ? Les Gaulois avaient-ils une chance de l’emporter ? Comment se battaient les uns et les autres ? Quels étaient les liens entre le siège et la bataille ? Cessant d’opposer l’archéologie et l’étude des traces matérielles laissées par les hommes dans le sol, à l’analyse des textes d’époque généralement écrits par le vainqueur, l’auteur s’appuie conjointement sur toutes ces sources pour dissiper tout malentendu : il ne fait aucun doute que la dernière grande bataille de la guerre des Gaules a bel et bien eu lieu sur le site de la commune d’Alise-Sainte-Reine. Il établit également que César porta l’entière responsabilité de la guerre. Malgré leur héroïsme, les Gaulois n’avaient aucune chance de vaincre la meilleure armée du monde et si Vercingétorix faillit bien l’emporter, c’est grâce à son génie militaire inégalé. Enfin, Yann Le Bohec analyse les conséquences de cette défaite encore présentes aujourd’hui dans notre culture et qui expliquent pourquoi on bataille autant sur le site d’Alésia : sommes-nous Gaulois ? Sommes-nous Romains ? Entretenir le doute est peut-être un moyen d’entretenir ce flou identitaire dans lequel notre mythologie nationale nous a laissés.
Un sujet d’actualité avec la polémique sur la localisation du site d’Alésia : le siège d’Alésia s’est-il tenu en Bourgogne (où s’est installé le Museoparc d’Alésia), ou dans le Jura du côté de Chaux-des-Crotenay ?