L’an un de la revolution arabe

25 jan 2012 - 18:30

Bar L’Atelier / 203 rue de Bourgogne / Orléans

Par Jean-Pierre FILIU, professeur à Sciences Po (Paris)

Depuis la chute des présidents Ben Ali et Moubarak, en janvier et février 2011, aucun pays arabe n’est épargné par un vent de contestation qui, à défaut d’être irrésistible, laissera partout des traces irréversibles. La rupture est profonde avec toute une culture du leader charismatique, alors qu’émerge une forme inédite d’autodiscipline citoyenne. Mais il n’y aura pas d’effet domino, ni d’entraînement mécanique d’un pays à l’autre. Cette Révolution arabe se déclinera à chaque fois dans le cadre de l’Etat moderne et des frontières postcoloniales, les régimes ayant le choix entre la réforme substantielle ou la violence suicidaire. Nous ne sommes qu’au début d’un profond bouleversement historique, qui s’inscrit dans le prolongement du temps long de combats multiples et méconnus.

Jean-Pierre Filiu, professeur à Sciences Po (Paris), a aussi enseigné dans les universités de Columbia (New York) et de Georgetown (Washington). Historien et arabisant, il est notamment l’auteur, chez Fayard, de L’Apocalypse dans l’Islam (prix des Rendez-vous de l’Histoire de Blois en 2008) et de La Révolution arabe, dix leçons sur le soulèvement démocratique (2011). Ses ouvrages et ses études sur le monde arabo-musulman ont été publiés dans une douzaine de langues.