La civilisation des Étrusques: mythes, histoires et héritages

16 sept 2009 - 18:30

Café le Parisien / 49, rue Noël Ballay / Chartres

Auteur : Thierry PIEL, agrégé d’histoire et maître de conférences en histoire ancienne à l’université de Nantes

Présentation :
Près de Pérouse en Ombrie, au lieu-dit Palazzone, fut exhumé au XIXème siècle un somptueux hypogée qui fut aménagé à la fin du IIème siècle av. J.-C. par une famille de notables étrusques locaux, les Volumnii. Le dernier membre de la famille qui y eut sa sépulture, un certain Publius Volumnius, fit écrire son épitaphe non en étrusque comme ses ancêtres mais en latin. C’est ainsi que deux siècles après la conquête romaine, la langue d’une brillante civilisation méditerranéenne cessa d’être pratiquée. Elle devint au mieux la langue de quelques érudits, au pire une « langue morte ».
Pourtant la civilisation étrusque dont l’espace s’étendant sur un bon quart de l’Italie avait été la première civilisation historique indigène à apparaître en Méditerranée occidentale. C’est au milieu du VIIIème siècle av. J.-C., au contact des colons grecs venu s’installer en Italie du sud et en Sicile, qu’apparaissent sur le sol des actuels Latium, Toscane et Campanie, des cités États issues des fructueux contacts économiques et culturels établis avec les colons grecs. La présence d’importants gisement métalliques et en particulier de fer en Étrurie fut le principal déclencheur d’une intensification des échanges avec le reste du monde méditerranéen. Le rôle primordial des Grecs dans ce décollage est confirmé par l’emprunt d’un alphabet grec par les Étrusques pour transcrire leur langue. D’abord importateurs d’objets manufacturés, les Étrusques ne tardèrent pas à créer leurs propres objets développant une sensibilité artistique que leur est propre et qui les amena à interpréter et recomposer à leur manière les influences venues des mondes voisins.
Le pays étrusque à l’instar du monde grec n’a jamais présenté d’unité politique. Au VIème siècle av. J.-C. la puissante dynamique économico commerciale de certaines cités entraîne une dilatation de l’espace étrusque vers la Corse, la plaine du Pô et le Latium. C’est ainsi que des rois d’origine étrusque régnèrent à Rome. Souvent alliées à Carthage les cités étrusques se trouvèrent sporadiquement impliquées dans des guerres contre certaines cités grecques plus ou moins hégémoniques telles que Cumes ou Syracuse. Pourtant c’est de Rome que viendra le coup fatal, encore que la conquête romaine ne semble pas toujours s’être faite dans la violence. Quoiqu’il en soit c’est en 264 av. J.-C. que Volsinies, aujourd’hui Orvieto, dernière cité étrusque indépendante fut conquise par les légions romaines.
Si nous ne possédons que peu de sources écrites sur les Étrusques, nous disposons en revanche de remarquables témoignages matériels, pour l’essentiel funéraires. Tumulus et tombeaux rupestres, parfois colossaux, chambres funéraires peintes aux coloris chatoyants, abondants mobiliers comprenant souvent des pièces d’un luxe inouï sont autant d’éléments contribuant à souligner le grand raffinement de cette civilisation italique et méditerranéenne.

Pour en savoir plus :

  • Jean-Noël Robert – Les Étrusques – Les Belles Lettres – 2004.
  • Jean-René Jannot – Dieux, démons et devins – Regards sur la religion de l’Étrurie Antique – Picart – 1998.