Mémoires et imaginaires du fascisme et de l’antifascisme en Italie dans «Le Conformiste»

28 mar 2019 - 18:30

bar des Lobis / 12, avenue Maunoury / Blois

En partenariat avec Ciné’fil, ACFIDA et Europe Ensemble.

Quel rapport une œuvre romanesques et son adaptation cinématographique entretiennent-elles avec l’histoire ? Il n’est plus nouveau pour l’historien d’élargir son terrain d’enquête au texte littéraire et au film. Dans certains cas, le chercheur peut considérer ces objets comme des témoignages sur une réalité historique qui est aussi le lieu de leur inscription. Mais l’historien peut aussi s’intéresser à la capacité de « figuration » que présentent certaines œuvres qui se proposent elles-mêmes de traiter du passé.

Avec Le Conformiste, ni Moravia ni Bertolucci n’ambitionnaient de faire de l’histoire. Pour autant, l’écriture romanesque et l’écriture cinématographique viennent ici se déployer en parallèle de l’historiographie du fascisme et de l’antifascisme. Il convient donc dans un premier temps de s’interroger sur le rapport que nouent ces fictions avec la réalité politique, sociale mais aussi intime de l’Italie des années d’entre-deux-guerres.

Ensuite, si le roman d’Alberto Moravia et le film de Bernardo Bertolucci furent publié ou projeté à des époques voisines, celles-ci présentaient des différences importantes compte tenu des sensibilités et des savoirs sur le ventennio fasciste. Ainsi, le rapport qu’entretient une œuvre avec l’histoire et le temps implique les états successifs d’une conscience historique, de l’immédiat après-guerre aux années soixante. Le roman puis le film, approchant l’histoire, touchent à une mémoire collective et une actualité de la relation entre le passé et le présent, que ces fictions elles-mêmes contribuent à nouer.

Les formes d’expérience de l’histoire figurées par ces deux œuvres narratives invitent par conséquent l’historien à s’interroger sur les interprétations possibles d’une circulation élaborée entre l’histoire comme source de fiction et la fiction comme médiatrice d’une expérience temporelle à son tour inscrite dans l’histoire.

Avec Thibault GUICHARD, doctorant contactuel en histoire contemporaine de l’université Paris 8